Un monde imparfait

« Prequel ».

Cela fait un moment que je n’ai pas repris la plume numérique. J’étais débordé. J’étais submergé pour être précis. Noyé sous un océan d’informations déprimantes, révoltantes, urticantes. Les inégalités croissent exponentiellement, entre les nantis et les démunis, entre les femmes et les hommes, entre les « White » et « les autres ». Partout les droits des femmes sont bafoués, il semble que le monde ne soit pas né d’une mère. Leurs corps sont officiellement déclarés propriétés de l’Etat, comme les transports publics.

Être défini.e par son genre. C’est So 90’s ! Serait-ce donc une fracture générationnelle. Est ce que les législateurs sont d’un autre temps ? Est ce que la jeunesse qui voit son histoire écrite par des hommes des cavernes éclairés par des torches, est trop idéaliste pour saisir des flambeaux et foutre le feu ? Est-ce qu’elle est trop occupée à TikTok-er des chorés pour gagner des likes et des followers, pendant que sa Terre brûle ?

La crise est écologique, idéologique, sociale, ethnique. On classe les réfugiés politiques, par couleur de peau et proximité géographique. Certains migrants méritent d’être accueillis parce qu’ils nous ressemblent physiquement. Les autres peuvent bien nourrir les océans.
On tente de justifier l’assassinat d’Afroaméricains par des policiers au cerveau javélisé. L’ expression « prendre en chasse » ne s’est jamais aussi bien appliquée qu’aux départements de police des Etats-Unis.

Pas un mois sans une femme tuée sous les coups d’un homme. Une justice toujours inadaptée et une élite dont l’ironie serait presque drôle si elle n’était pas glaçante. Nommer au plus haut niveau du pays des Droits de l’Homme, des individus accusés de viol et de violences envers les femmes !?. Ben oui: les droits de l’HOMME on t’a dit!

Il est clair que les armes sont dans nos mains. Les réseaux sociaux sont un cerveau collectif, un porte-voix et une tribune d’une dimension inédite. Et la bataille n’est plus celle de la vertu, de la vérité. Que dis-je « la bataille ». « Nous sommes en guerre ». Et c’est une guerre de communication. Les bons communicants parviennent à se présenter aux élections présidentielles, eussent-ils dans leur cartable, un casier judiciaire. Les bons communicants parviennent à diriger un pays. Ils ont de l’influence. Nous y sommes: les influenceurs. Voilà les dirigeants d’aujourd’hui. Et voilà le gouffre dans lequel nous sommes versés.

Ce n’est pas une tribune lumineuse que j’écris. Pourtant l’on ne peut décrire les Ténèbres sans avoir les Lumières en tête. Dans ce jardin pollué où nous évoluons entourés de nos objets derniers cris pour ceux qui peuvent se les procurer, nous nous déshumanisons. Nous nous délions, nous n’avons jamais été aussi connectés, jamais été aussi proches de ceux qui sont loins de nous, jamais aussi éloignés de nos proches. Nous passons des heures scotchés sur du vide. Pendant que la maison brûle comme le chantait Midnight Oil (en 1987 !!!). Est ce que ce monde est sérieux ? Le coût écologique d’internet est astronomique et invisible. La production électrique mise en oeuvre chaque année pour l’envoi mondial de nos e-mails et de nos vidéos de chatons et de chorégraphie cucus se compte en dizaines de centrales nucléaires.

Mais dansons les amis. Dansons. Laissons la place et la parole aux influenceurs de haut vol. Laissons les décider de nos droits et de nos obligations. Laissons notre flemme nourrir leur Flamme aux élections. Je vois des artistes en résistance qui témoignent au travers de leur art, de leur engagement pour sauver le monde. Essayer de sauver le monde. Essayer c’est déjà ça.

Je n’ai aucune prétention si ce n’est d’agir chaque jour à ma propre échelle, « starting with the man in the mirror » comme disait le King of Pop.
Personnellement, j’ai choisi l’émotion, comme déclencheur de réflexion. Le coeur en guise de bouche. Et en ce moment… j’ai une rage, dedans.

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